CHAPITRE 1
Partie une.
__Je m'étais dis que cela serait mieux. Pour elle, pour moi, pour nous deux.
__Assis au milieu d'un bois, sur un tronc d'arbre je réfléchissais à ce qu'était ma vie sans elle depuis ces derniers mois. Huit mois pour être exact. Je repensais à notre rupture, à ses petits doigts fins et tièdes qui s'étaient resserrés sur ma paume pour m'empêcher de partir et à ses yeux brun, presque noirs qui s'étaient emplis de larmes. Sans mal j'avais retiré ma main prisonnière de la sienne et j'étais parti, sans même me retourner. Entendant mon prénom, haché, entre ses sanglots douloureux. Une larme avait réussit à se frayer un chemin à travers mes yeux nappés d'eau, et avait coulée lentement sur ma joue avant de venir s'écraser sur le sol dans un « plouf » presque audible. J'aurai voulu me retourner, la regarder et la serrer dans mes bras pour essayer d'apaiser sa souffrance. J'aurai voulu lui dire que tout cela n'était qu'un mal entendu, que jamais je ne l'abandonnerai mais ce ne fut pas le cas. J'avais continué à marcher lui faisant dos et avais gagné ma porche rouge avant de démarrer en vitesse et de partir, la laissant là, seule. Je l'avais laissée pour son bien. Il le fallait.
__Mes parents avaient achetés une maison en Floride à Fort Myers, loin de notre ancienne vie, loin de tout ce que j'avais connu mais surtout loin d'elle. Elle qui était restée à Montague une petite ville du New jersey située dans le Sussex county. Je l'imaginais facilement vaquer à ses occupations quotidienne. J'imaginais ses beaux yeux brun rieur comme durant l'époque ou nous étions ensemble, jamais l'un sans l'autre. Je pouvais encore entendre son rire carillonner dans ma tête, sentir jusqu'à ses mains dans mon cou. Le jour ou ces souvenirs, ces sentiments, son visage s'effaceront de ma mémoire je ne serai plus bon à rien, si, bon à mourir.
__Pensait-elle encore ne serait-ce qu'un peu à moi ? Douglas Lee Poynter, être qui l'a si lâchement abandonnée pour cause que je ne lui avais révélée. M'aimait elle encore un tant soit peu au fond de son c½ur ? Arriverait-elle à me pardonner si un jour les choses s'arrangeaient ? Parfois, avant de m'endormir, fermant les yeux, je l'entendais encore me susurrer des « je t'aime » au creux de l'oreille. J'aurai voulu la voir une dernière fois. La serrer dans mes bras et lui demander pardon. Pardon pour tout. Ça ne servait à rien. Elle était heureuse sans moi maintenant. Je ne tenais pas à la faire de nouveau souffrir et de voir une fois de plus la tristesse mélanger à la douleur dans ce si beau regard.
__Je me levais du tronc d'arbre et me dirigeais vers la maison, grande, éclairée, en bord de plage et près d'une forêt. Non loin de la ville – ce qui tombait bien vu que je ne rentrai que le week end à la maison- .
__Ma mère, Louisa s'agitait dans la cuisine comme toutes les semaines quand je rentrais, elle était aux petits soins avec moi. Bien que je ne cesse de lui répéter d'arrêter tout cela. Que je n'avais besoin de rien – mise à part
elle – et qu'un sandwich me conviendrait. J'essayai même de la rassurer, ma chère maman qui s'inquiétait, qui avait pleurait plus d'une fois depuis que l'on nous avions appris « la nouvelle » peu réjouissante. Moi, j'avais écouté, j'avais encaissé. Essayant de comprendre le maximum de choses dans tout ce que l'on me disait. Je disais à ma mère que d'ici quelques mois ce ne serait qu'un mauvais souvenir, qu'il ne fallait en aucun cas qu'elle s'en rende malade. Mon père, Pierre, quant à lui faisait comme si tout allé pour le mieux quand j'étais dans les parages et je l'en remerciai, bien que je sache pertinemment qu'il n'en fut pas le cas lorsque je repartais de la maison. Parfois même, je le surprenais sécher ses yeux lorsqu'il parlait de
ça avec ma mère. Je m'en allais donc silencieusement jusqu'à ma chambre de peur de voir leurs regards peinés se poser sur moi, sur mon corps presque cadavérique. Je les rassurais mais personne n'était là pour me rassurer moi. Personne ne m'aidait à tenir si ce n'est
elle ma princesse.